Mallaurig & La Fraternité des Atomes : deux livres, deux univers

Il y a un pasteur soupçonné d’avoir assassiné ses proches…

Il y a un dépeceur qui sévit dans des quartiers dont le nom évoque la peur, l’angoisse, la mort qui rôde…

Il y a Mallaurig, une ville coupée en deux. Seul un pont qui menace de s’effondrer permet de passer de l’une à l’autre rive…

Il y a aussi la chaleur qui devient étouffante, accablante, insupportable.

Le cadre est posé, le récit sera oppressant.

Ce livre, c’est un savant dosage entre des faits qui s’inspirent de la réalité et l’univers fantastique dans lequel Gauthier Hiernaux se sent bien !

L’auteur, qui n’en est pas à son coup d’essai, réalise ici un coup de maître.

JP Querton

Mallaurig, Editions Cactus inébranlable, Collection Cactus noir, Renaix, 2012 (ISBN 978-2-930659-03-9 ), 260 pages.
Prix conseillé : 16 €.

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La Fraternité des Atomes

Ma femme et ma fille, c’est moi qui les ai tuées.
Cet aveu, peu d’assassins vous le feront, sauf peut-être la veille de leur propre mot.
Moi, je ne l’ai jamais caché et j’ai fait le vide autour de moi. Il aurait été si simple de laisser les autres s’apitoyer sur mon sort puisque, en réalité, je n’avais appuyé sur aucune détente ou administré aucun poison. Je n’étais même pas présent lorsqu’elles ont fait leur adieu au monde.

C’est en ces termes extrêmement durs que Lester Garrisson, ancien soldat de l’armée britannique et actuellement agent de l’Immigration Service de la puissante Noordelijk Verbond, débute sa confession.   

Le lecteur suivra cet homme blessé à mort dans la lutte contre le quotidien, cet individu qui n’est plus que le reflet de lui-même depuis qu’il a perdu sa famille.

Puis, un soir, ivre-mort, Lester abat un homme d’une balle dans la tête. Cet assassinat, qui n’a rien d’un accident rouvrira les plaies de deux pays qui autrefois n’en formaient qu’un seul.

La Fraternité des Atomes, Cactus inébranlable éditions, 2014

ISBN : 978-2-930659-29-9

Prix : 15€

Vous désirez poser une question à l’auteur : gauthier.hiernaux@hotmail.be 

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Foire du Livre de Charleroi – 1ère édition

ChareloiLa première édition de la Foire du Livre de Charleroi (week-end du 1er mai 2016) s’est déroulée sous les meilleures auspices.

Une foule assez dense, un espace convivial, un bar bien achalandé (hum…), plein de têtes connues derrière le stands…  et des ventes, que demander de plus? J’ai eu la chance de rencontrer quelques personnes qui avaient déjà lu mes ouvrages et qui ont pris le temps d’en discuter avec moi.

Vivement la prochaine édition!

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Foire du livre de Charleroi (30 avril au 1er mai)

ChareloiLe samedi 30 avril de 14 à 16 heures, je signerai mes ouvrages (Mallaurig et la Fraternité des Atomes) tous deux parus chez Cactus inébranlable éditions.

L’événement aura lieu à Charleroi dans le cadre de la Foire du livre 2016.

Venez nombreux!

 

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Les Enfants de Jafez – une note de lecture de C. Pasquet

Tout secret a un prix

Tout secret a un prix

« Quel plaisir de replonger dans l’Empire de la Nouvelle Ere ! Gauthier nous offre un 6e opus, captivant, attachant et mené à grand train. S’il n’est pas indispensable d’avoir lu les 5 premiers romans de la collection pour se laisser emporter par l’intrigue romanesque à souhait, les lecteurs assidus de la série retrouveront avec bonheur l’atmosphère si particulière de cette uchronie, son organisation politique et ses mondes à la fois si proches et à si lointains des nôtres. En plus d’une intrigue virevoltante qui nous fait passer des grands froids aux Terres de Feu, et des chapitres qui sont taillés comme autant de scènes de cinéma en technicolor, nous retrouvons ici aussi des personnages haut en couleur que le lecteur, très rapidement, adore adorer … ou détester. Mention spéciale pour l’ignoble et à la fois tellement humaine Meredice Hernandez ! Un conseil : laissez-vous emporter par cette poursuite impitoyable à la recherche d’un remède à la « Fouilleuse d’entrailles » ! Et découvrez le contenu bien étrange de cette valise qui attire toutes les convoitises ! « 

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A Uccle ce samedi 28/11

Ce week-end (samedi 28/11 à partir de 14h), si l’événement est maintenu, je serai à la Foire du Livre de Uccle (centre culturel, rue Rouge). J’y signerai mon dernier roman : Les Enfants de Jafez, sorti en 2014 chez Chloé des Lys.

Tout secret a un prix

Tout secret a un prix

J’aurai également avec moi quelques exemplaires de mes derniers romans.

N’hésitez pas à venir nombreux!

 

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Prochaines foires du livre

Samedi 21 novembre, de 14 à 17 heures, à l’occasion de Mon’s Livre,  je dédicacerai mes deux ouvrages (Mallaurig et La Fraternité des Atomes) au stand de Cactus inébranlable.

La semaine suivante, le 28/11, de 14 à 18 heures, je signerai à Uccle mes ouvrages parus chez Chloé des Lys.

La 13ème édition de la Foire du Livre Belge se tiendra, comme chaque année, à Bruxelles, dans tous les espaces du Centre Culturel d’Uccle à 1180 Bruxelles le dernier week-end de novembre à savoir les 27, 28 et 29 novembre 2015.

Au plaisir de vous rencontrer à l’une de ces manifestations.

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SEPT FEUILLETS

Avez-vous correctement comptabilisé le nombre de vos feuillets ?

Bo se mordit la lèvre, ferma les yeux et se força à répondre d’une voix claire et intelligible :

–         Oui.

Il n’avait pas envie que la machine lui repose la question comme à chaque fois. Intérieurement, il pria pour que la demande suivante ne vienne jamais, mais c’était une véritable loterie sur laquelle il n’avait aucune prise.

Veuillez scanner un à un les feuillets en les présentant de manière distincte devant l’œilleton.

–         PUTAIN !

L’injure avait jailli malgré toutes ses bonnes résolutions. N’était-il pas suffisamment humiliant de rester dans cette position, à répondre aux questions embarrassantes à cette machine sans ajouter à cela le risque d’être verbalisé pour insulte à agent assermenté ? Car c’était bien cela qu’étaient ces bazars déshumanisés qui vous faisaient sans cesse passer pour un sale gosse, voire à un attardé mental.

Bo porta son poing à sa bouche et le pressa fortement sur ses lèvres en attendant le verdict. Au lieu de produire son avertissement, la machine redemanda de scanner les feuillets. Cette fois, Bo les lui présenta docilement, un à un, comme il se devait.

La machine les scanna en les énumérant et le garçon pria pour que personne ne soit dans la cabine d’à-côté.

Sept

énonça la machine d’un ton presqu’humain et qui aurait pu passer pour scandalisé.

Êtes-vous certain d’avoir besoin de tant de feuillets ? Pensez à l’écologie.

–         Bon dieu ! oui !!! grogna Bo en tapant du pied.

Il regrettait le temps où tout était plus simple, où tout était plus naturel… Il avait connu cette époque – il n’était tout de même pas si jeune – mais pas assez à son goût. Les yeux rivés sur l’écran de contrôle, il attendit que le voyant passe au vert. La machine travaillait. Elle se synchronisait avec la montre de Bo et comptabilisait les calories avalées ce midi, puis les recoupait avec des tas d’informations comme la masse corposprelle du client et ses antécédents. La machine tiendrait-elle compte des autres paramètres intrinsèques à Bo ? Savait-elle que, parfois, Bo était… disons plus « lent à la digestion » certains jours que d’autres ? Connaissait-elle les petits problèmes des pauvres corps humains ou réussissait-elle à faire la part des choses et appliquer le facteur X ? était-il bête ? Le programme avait sans doute des connexions avec ceux de l’institut de santé où les individus allaient faire des bilans mensuels.

Il eut la tentation d’arracher cette maudite montre et de l’envoyer dans les chiottes. Il avait le sentiment que le gouvernement lui pourissait l’existence. Au moment où il se demandait si les produits chimiques arriveraient à bout de cette technologie de pointe, le voyant passa finalement au vert et Bo eut enfin l’autorisation de se torcher.

Sept feuillets de papier ! Voilà qui était peu mais, avec un peu de dextérité, on arrivait à garder les mains plus ou moins intactes. Il n’était de toute façon pas question de réclamer un morceau supplémentaire.

Et depuis que l’Union européenne avait supprimé le billet de banque par souci environnemental, le salut n’était pas non plus dans le le papier de cinq euros. Avait-il des amis, des parents ou des connaissances qui s’étaient retrouvés dans pareil cas ? Il l’ignorait. Ce n’était pas des sujets que l’on abordait en société.

Au cinquième feuillet, il constata avec dépit qu’il serait trop court. Il pesta – intérieurement, bien sûr – et conçut le projet insensé d’être le premier homme depuis l’invention de toutes ces conneries, à tenir tête à la machine.

Il secoua la tête pour balayer ces bêtises et se concentra, l’apex coincé entre les lèvres, à utiliser au mieux ses rations de survie.

Il finit pourtant par sortir du cabinet de manière un peu guindée et évoluer en canard jusqu’au lavabo. Il tenterait de faire partir les traces de freinage ce soir, quand il aurait décoléré.

Bo présenta ses mains devant l’oeilleton situé à côté du miroir et cueillit dans leur creux offert une giclée de savon sec. Pas de liquide, pas d’eau, pas de pollution.

Bo aimait bien le principe car il avait été éduqué ainsi, mais parfois, dans certaines situations absurdes comme celle-ci, l’idée devenait un peu lourde.

Lorsqu’il eut terminé se frotter ses paumes l’une contre l’autre, il les porta à son nez et les respira.

–         Mangue, conclut-il d’un air satisfait.

Le parfum s’évanouirait dans les minutes qui suivraient, pas comme cet infect patchouli qu’un farceur avait un jour décidé d’essayer et qui lui avait coupé l’appétit jusqu’au soir.

Bo présenta ses mains, recto-verso, à l’appareil de contrôle d’hygiène, lequel lui donna son approbation.

L’homme s’avança ensuite jusqu’à la porte qui s’ouvrit à son passage. Il devait toucher un minimum de choses jusqu’au saint des saints et la technologie était supposée lui rendre la chose faisable.

Au bout du couloir carrelé, lavé trois fois par jour par des machines, il fit face au troisième écran qui, après un rapide contrôle de son identité, lui livra passage.

Bo arriva enfin à la cuisine, s’empara du tablier qu’il avait déposé sur la paterre rutilante avant de partir aux toilettes et enfila de nouveaux gants. Il était prêt à replonger dans l’enfer.

Il vint se placer derrière Alexander qui soupira :

–         Pour une commission, ç’en était une longue !

–         Joue pas ton scato et fais gaffe à ton bandeau !

La coiffe protectrice d’Alex était en train de se déchirer en partant de la nuque. Si le chef voyait ça, il était bon pour le banc de touche !

–         Mais touche le pas, bougre de con ! aboya Bo qui voyait Alexander lâcher ses emballages pour tenter de repérer, de la pulpe de ses doigts, ce que son compagnon avait constaté.

L’alarme retentit presque aussitôt et, en cinq secondes, montre en main, le chef de service était là dans sa combi identique à celle de ses hommes, mais sur laquelle, à la place du prénom de l’employé, il y avait son nom précédé d’un « M ».

Monsieur Ferraud était certainement un brave homme, mais sa charge lui incombait d’être dur et strict. On ne lui avait pas vu pardonner le moindre écart depuis son arrivée et il avait véritablement gagné le respect le plus total de ses hommes quand il avait viré, sans une once d’hésitation, le fils du patron qui avait eu la mauvaise idée de fumer en cachette une mini-cigarette.

Cette nouvelle société ultra pro-environnementale, pourtant basée sur le capitalisme, tentait de rendre conscient les citoyens de leur « éco-rôle ».

Si les cigarettes étaient toujours vendues dans le commerce, l’état faisait absolument tout pour décourager ses esclaves, à commencer par restreindre de plus en plus leur espace. Ça avait commencé en Europe au début du vingtième-siècle par l’interdiction de fumer dans les restaurants, puis la loi l’avait étendue aux cafés et enfin aux espaces publics. Quoi que plus normal ? avaient scandé en cœur les populations. Des patrons d’établissement avaient tenté d’exploiter une faille dans le système en ouvrant des clubs privés, mais au fil des années, des associations leur étaient tombés dessus pour un motif ou un autre. Ces clubs très select avaient fermé l’un après l’autre.

On s’était ensuite attaqué à la mobilité.

L’état, soutenu par les crédits quasi inépuisables des sociétés de transports publics, avait dégoûté les automobilistes en limitant les places de parking dans les villes, en taxant scandaleusement les assurances auto et autres avantages liées aux voitures de fonction, en réduisant les accès aux capitales et, finalement, en faisant payer une taxe tellement prohibitive aux automobilistes intra muros que le métier de taximan avait fini par disparaître.

Il avait fallu pourtant attendre les grèves de quarante pour que, sous la pression populaire, états et sociétés de transports rendent enfin les trains, trams et métros gratuits.

Bo ne fumait pas.

Bo empruntait le tram et deux métros pour venir à son lieu de travail.

Il tentait d’être irréprochable car il ne voulait pas perdre son travail. Non qu’il lui plaisait, mais Bo était parti avec plusieurs handicaps dans cette Nouvelle Europe.

Il était unilingue, n’était pas diplômé et n’était pas natif de ce pays.

Pour toutes ces raisons, il avait été contraint de travailler ICI, dans ce fast-food de luxe.

Alexander était dans le même cas, si ce n’est qu’il était originaire d’un village un peu plus au Nord de la capitale. Il aurait moins de problèmes à retrouver un travail si le chef ne lui faisait pas un rapport trop négatif.

Bo n’avait pas envie de voir son ami se faire humilier. Il ne pouvait cependant l’empêcher sans se mettre à découvert et s’aliéner Monsieur Ferraud. Il s’enferma dans son travail, emballant le plus vite et le plus proprement possible les hamburgers végé dans leurs petits cartons recyclés pour qu’ils soient vite emportés par l’un des responsable du comptoir.

Ils n’avaient qu’à s’empiffrer de l’autre côté de la salle avec ces sandwiches chauds dont la machine analyserait les restes pour leur délivrer au final cinq malheureux feuillets de papier-cul. L’écologie ! Mon œil ! Cette société ne causait qu’en termes de fric ! Bo se mordit les lèvres pour ne pas jurer.

Quand il osa redresser la tête, le chef et Alexander étaient partis. À la place de celui qu’il avait à sa gauche toute la journée, il n’y avait que le vide. Bo ressentit une peur terrible et incontrôlable qu’il concrétisa au moyen de ses sphincters.

Il allait à nouveau avoir besoin de sept nouveaux feuillets.

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