Lectures

Des gens doués, chez Chloé des Lys, il y en a beaucoup.
Je vous invite à les découvrir avec moi, au fil de mes fiches de lecture.

Pour commander ces livres ou recevoir plus d’informations à leur sujet, cliquez ici ou même ici, sur le site des auteurs de Chloé des Lys.

« Les perdants » de Jean-Philippe Querton (15/12/2011). 

Difficile – périlleux même – cet exercice auquel s’est livré Jean-Philippe Querton, auteur de plusieurs romans chez Chloé des Lys : parler de pédophilie sans tomber dans la vulgarité racoleuse et sordide.
Oser aborder un tel sujet, en ces périodes où l’on affecte de découvrir ce type de perversion est un défi en soi. En tant qu’éditeur, je ne pense pas que j’aurais pris le risque. Mais en tant que lecteur, je dois avouer que je ne me suis pas posé la question. En vérité, je n’ai pas fait attention quand j’ai acheté l’ouvrage et j’en ai découvert le sujet un peu par hasard.
Prétendre que la vie de (Monsieur) Robert ne m’ait pas choquée serait faire preuve de mauvaise foi. On ne peut rester insensible à la lutte des deux personnalités qui se livrent bataille dans le chef de l’individu et on se surprend à tourner les pages avec avidité.
Jean-Philippe Querton est un excellent auteur qui excelle dans le « noir de noir ». Il n’a pas peur de choquer et de malmener ses personnages, mais sait se montrer tendre quand il le veut.
Il dépeint la vie, en somme.  

« Sauvetages » de Nadine Groenecke (11/07/2011). 

C’est un roman magnifique que nous livre Nadine Groenecke, un véritable feuilleton qui, en plus d’être remarquablement bien écrit, se déroule dans une région que j’adore pour l’avoir longtemps fréquentée : les Charentes maritimes.
Je rédige rapidement la critique, non pas que je désire l’expédier (ce ne serait pas lui rendre justice) mais demain, je pars vers l’Espagne, bien loin des décors du bouquin… quoique, en partie seulement…
En recevant « Sauvetages », je me suis d’abord demandé pourquoi l’auteur avait mis en « s » à son titre. A vrai dire et sans pour autant déflorer le sujet, il n’est point question dans ce roman de 160 pages d’un seul mais de plusieurs sauvetages (parfois de la même personne !). C’est d’ailleurs ce qui fait la richesse de l’ouvrage de cette habitante de Verdun, déjà maman d’un recueil de nouvelles paru chez Chloé des Lys. 
Nadine Groenecke arrive à condenser en très peu de pages une histoire pleine de rebondissements qui, non seulement tient la route, mais en plus, est tout bonnement haletante.
J’ai passé un excellent moment en compagnie de Jacques Mervan, ex-dépressif réveillé aux électrochocs, sa mère, une octogénaire pétante de santé et Esperanza, malicieuse, mystérieuse et pétillante.
J’ai tourné chaque page avec un réel intérêt, avide de connaître les aventures de ce « repris de justesse » (comme dirait Coluche), souriant à ses nombreuses déconfitures.
Si Nadine Groenecke a la bonne idée de proposer au comité de lecture de Chloé des Lys, un ouvrage de la même veine, je suis preneur.
Plutôt deux fois qu’une !

 « Contes bizarres 2 » de Bob Boutique (06.05.2011)

Il était une fois un homme, la trentaine bien frappée, qui aimait l’écriture autant que la lecture.

Cet homme referma un soir le tome 2 des ‘Contes bizarres’ d’un certain Bob Boutique (un pseudonyme, à coup sûr) et fut
frappé d’une sorte de révélation : l’auteur n’aimait pas ses personnages… enfin, pour être tout à fait exact, il n’aimait pas les voir terminer heureux.  « Si c’est ça l’humanité, il y a de quoi
désespérer », disait d’ailleurs l’un de ses lecteurs à propos des pantins de ce libraire bruxellois, au demeurant fort affable.

Onze nouvelles qui, en général, commencent assez bien pour s’achever dans une lugubre envolée, parfois même sanguinolente, comme si Bob Boutique ne voulait laisser aucune trace derrière, aucun témoin.

Onze nouvelles comme des pralines au poivre, que j’ai lues d’une traite tout en les dégustant.

Ce recueil est, à mon sens, encore plus réussi que le précédent. Sa réussite vient autant de la richesse des thèmes abordés (la mise en abîme dans « Il était une fois », l’arroseur arrosé dans « Tiquetique »,
la Chute dans « Une âme simple ») que dans l’originalité des récits.
Je pense « Menteurs et Vériteurs » ainsi que « L’idiote » qui m’ont vraiment ébahis.

Mes nouvelles préférées sont, sans conteste, « La ligne rouge » « Tiquetique » et « Sangria », des histoires simples de gens simples que Bob réussit à rendre attachants malgré leurs (souvent terribles) défauts. Des individus à qui on ne confierait rien mais dont on suit les aventures avec énormément d’intérêt. Des anti-héros qui n’auront qu’un tort… tomber entre les mains d’un auteur sadique.
Bravo Bob ! Tu m’as scotché!
Et pour terminer sur une « Private joke » (dont je peux vous dévoiler sans peine la clé), reste à l’écart du lustre de cristal, on aimerait un troisième opus !  

Petits contes cruels pour mal dormir (04.05.2011)

Assistante de direction au Théâtre Royal de la Monnaie de Bruxelles, Dominique Leruth, née à Wellington (Nouvelle-Zélande) se définit elle-même comme une « créatrice hyperactive », d’une « curiosité insatiable » pour les arts et les artistes.
Créatrice hyperactive ? Jugez plutôt :
Ecrivaine lauréate de plusieurs prix, sculpteuse, conteuse, poétesse, créatrice de parfums, animatrice des soirées « Chloé des Lys », membre actif du fameux Gang des Nez rouges… autant de talents qui font de Dominique Leruth quelqu’un répondant parfaitement à sa propre définition.
Amoureuse des arts ?
Son blog, intitulé « CreARTure » est, d’après sa bannière, « L’espace des créatures artistes et de toutes les créations artistiques ». Il s’agit d’une vitrine où elle mentionne les événements culturels des artistes qu’elle aime ou qu’elle admire. Les foires littéraires, les expositions, les exhibitions, les festivals, les séances de dédicaces fleurissent son petit coin de toile.
Dominique Leruth a publié en 2007 chez Chloé des Lys « Petits contes cruels pour mal dormir ». Il s’agit d’un ensemble de onze nouvelles où le mystère, le fantastique, l’humour et une fameuse dose de cruauté sont étroitement mêlés et qui tiennent le lecteur en haleine du début à la fin. Le tout forme un ensemble cohérent, très agréable à lire.
D’ailleurs, Thomas Owen, Président du Jury de la FUREUR DE LIRE où elle présentait ses textes, lui aurait dit, après avoir lu ses nouvelles : « Vous, vous êtes une méchante ! ».
On ne peut que lui donner raison.

Quand j’étais moi (17.03.2011)

Je viens de terminer un livre dont on ne parle pas assez chez Chloé des Lys. Il s’agit de « Quand j’étais moi » de Lisa Di Sante, une jeune romaniste de la région hennuyère reconvertie en animatrice socioculturelle.
J’ai commandé cette ouvrage pour trois raisons.
La première, c’est parce que le pitch m’a intrigué

La narratrice, dont nous ne connaîtrons jamais le nom, est étudiante en lettres à l’ULB. Mal dans sa peau, elle a l’impression que sa vie n’est qu’une suite d’échecs. Sans doute la vision qu’elle a d’elle-même l’empêche-t-elle de progresser mais son comportement défaitiste fait d’elle une anti-héroïne de premier choix, très inattendue dans ses choix et surprenante dans ses réactions.
Un jour, après lui avoir lancé quelques mots sibyllins, sa meilleure amie (son antithèse d’ailleurs) disparaît corps et bien.
La narratrice décide alors de se lancer à sa recherche.
Surveillée, poursuivie, emprisonnée, elle va se retrouver entraînée malgré elle dans une suite d’événements dont elle perdra peu à peu le contrôle.

La seconde raison, c’est parce que j’ai plusieurs points communs avec Lisa Di Sante.
Issu du Hainaut, je suis également parti faire mes études (Philo romanes) dans la capitale. J’ai retrouvé au fil de cette lecture, ce quartier que j’ai fréquenté pendant quatre années, les cafés poussiéreux estudiantins, les amphithéâtres bondés et les chaises qui claquent quand on se lève trop vite…
La troisième enfin, est sans doute la raison la plus personnelle et la plus subjective. Je l’expliquerai à quiconque s’y intéresse.
« Quand j’étais moi » est un roman où l’on ne s’ennuie guère. Tout d’abord car, même quand l’action retombe, l’auteur a le don de nous intéresser aux atermoiements de son héroïne. Ensuite parce que les personnages, même les seconds couteaux, sont très attachants.
Enfin, tout au long de ma lecture, je n’ai pu me défaire de l’idée que cet ouvrage avait un rythme très « BD », très agréable à lire, jamais pesant, jouissif en somme.
Mon seul bémol concerne la fin, un peu inégale par rapport au reste du livre.
J’ignore si l’auteur a envoyé un second manuscrit chez Chloé des Lys mais j’espère qu’il sera de la même facture.
Bravo !

Nid de vipères (09.03.2011)

Je l’attendais depuis longtemps…
Christine Brunet était, pour moi et avant tout, la maman dévouée des blogs Aloys et Passion créatrice, deux outils promotionnels et dynamiques destinés aux auteurs de la maison d’édition Chloé des Lys.
Quand elle m’a annoncé l’arrivée de premiers exemplaires, je dois avouer que je l’ai un peu pressée pour l’obtenir en primeur.

Un peu plus de quatre cents quatre-vingts pages, une superbe couverture qui m’avait séduit des semaines auparavant, un texte aéré et propre, une écriture très fluide.
« Nid de Vipères » est présenté par son auteur comme un polar-thriller mais, au-delà de toute l’enquête dont je ne dévoilerai rien (ou très peu) pour ne pas déflorer ce sujet, ce sont les aspects humains qui n’ont surtout intéressés.

L’héroïne, Aloys Seigner, est une personnalité comme je les aime : complexe et torturée, une femme forte et fragile à la fois, pleine de contradictions et de doutes.
La maladie qui la ronge et contre laquelle elle se bat sans cesse, la rend désespérément attachante.

Nils Sheridan, le « faux Bob » (en comparaison avec notre « vrai Bob » J), le premier rôle masculin de « Nid de Vipères », est autant professionnel quand il s’agit de mettre en pratique ses qualités d’agent du gouvernement, que « chien-fou-qui-court-après-chaque-bagnole » quand il est confronté aux femmes. On se surprend parfois à vouloir pénétrer dans le livre pour lui en coller une quand on assiste à ses réactions face à Aloys. Mais on lui pardonne l’instant d’après quand, suite à un acte de bravoure, il se rachète… ou, tout simplement parce qu’il réagit en être humain, faible et désemparé.

« Nid de Vipères » est un livre qui n’a rien à envier aux best-sellers américains. Ce qui le différencie, c’est l’approche particulière de Christine et son amour pour les voyages qui transparaît au fil du récit.
La Polynésie, Paris, Hong-Kong, Malte, la Birmanie… autant de destinations qui nous font rêver et qu’Aloys et Nils traverseront tout au long de l’histoire, pour notre plus grand bonheur.
Ce livre, je l’ai lu rapidement, trop vite sans doute parce qu’il donne une impression de vitesse dans l’action. « Nid de Vipères » est un bolide lancé à deux cents à l’heure sur une autoroute à quatre bandes et qui nous promet une suite tout aussi dingue !
Quoi ? Elle n’est pas annoncée ?

Elle, une autre (25.02.2011)

Intriguant titre que celui-là… davantage peut-être que cette couverture où se détachent deux paires d’yeux, à la fois aussi semblables que dissemblables.
« Elle, une autre » est le premier roman d’Olivia Billington chez Chloé des Lys, une jeune journaliste résidant à Bruxelles, dont j’avais fait la connaissance lors d’une soirée en 2010 à l’Espace Art Gallery, à Ixelles et que j’avais retrouvée au Centre culturel de Uccle quelques semaines plus tard.

Mais venons-en à mes impressions de lecture.

J’ai dévoré ce roman policier de 230 pages en quelques heures, d’abord parce que le style du l’auteur est fluide et le texte, aéré, mais également parce qu’Olivia Billington n’a pas son pareil pour entrainer son lecteur dans son histoire.
Et quelle histoire ! Comme dans « Un tueur sur la route » du gigantesque James Ellroy, notre romancière  s’est attachée à dresser le portrait de « l’intérieur » non pas d’un mais d’une « tueuse en série ».
Si Olivia évoque l’enfance du personnage, l’analyse psychologique de cette contre-héroïne – qui, sans lever le voile sur le mystère, n’est pas qui elle prétend être – qui est savamment distillée n’alourdit pas le récit.
Olivia Billington s’attache plutôt aux tortures auxquelles son personnage est soumis, ses atermoiements qui, sans la rendre tout à fait humaine, permettent au lecteur captivé, d’espérer une rédemption. A chaque fois, on ne peut s’empêcher de frissonner pour la ou le malheureux/-se qui croise sa route. On se doute de la conclusion de cette rencontre, mais on se surprend à chaque fois à imaginer un schéma différent.
La fin, je vous la laisse découvrir.
Je pense que c’est préférable.

Les Romanichels (18.01.2011)

En commandant ‘Les Romanichels’ d’Edmée de Xhavée, je m’attendais à lire un roman sur les gens du voyage. Mais de gitan, il faut attendre les vingt dernières pages pour en entendre parler…
Alors quel argument pourrait-il justifier un tel titre puisque les héroïnes du livre font partie de la classe bourgeoise (et parfois nobiliaire) de la Belgique du 20ème siècle ?
En outre, quand on évoque les Tziganes, on a plutôt tendance à les imaginer vivre en famille alors que les problèmes relationnels des mères et des filles (Mado et la Centauresse, Adrienne et Suzanne, Suzanne et Olivia), leur incapacité à se comprendre et à vivre ensemble sont au centre de ce roman.
Pour ma part (et il ne s’agit là que d’une interprétation), je pense qu’Edmée de Xhavée a songé à ce titre en raison des rapports qui lient Olivia et sa mère, Suzanne. Une métaphore de deux cultures différentes qui se côtoient de loin et qui, en raison de leur méconnaissance, ont des idées aussi fausses qu’arrêtées l’un sur l’autre. Je laisse à l’auteur le soin de donner sa version, si elle en l’a pas encore fait.
Quoiqu’il en soit, ‘Les Romanichels’ est un très bel ouvrage dont j’ai lu, avec délectation chaque soir, quelques pages.
Même si cet type de roman n’est pas mon genre de prédilection, je me suis régalé des (més)aventures des deux familles, m’arrêtant parfois sur une phrase dont j’appréciais la musicalité ou une situation que je déplorais.
L’auteur nous fait voyager et enivre son lecteur avec bonheur d’odeurs, d’atmosphères et de sensations. De l’Italie profonde aux marchés d’Aix en passant par nos vertes campagnes wallonnes, elle nous dépayse, elle nous transforme en spectateur-voyageur.
Car, après tout, les Romanichels, c’est peut-être tout simplement nous, ses lecteurs…

L’éternité pour moi (03 jan 2011)

L’éternité pour moi’, de Jean Vigne, m’avait été conseillé par Laurent ‘The Boss’ Dumortier, lors de la Foire du Livre de Mons en 2009. Il m’avait peint en quelques coups de pinceau un tableau des plus attrayants, n’hésitant pas à comparer l’auteur à Stephen King. Il faut dire que le préambule du second roman de l’auteur avait de quoi séduire le chaland. Pensez donc : une équipe de spéléologues découvrant dans une grotte inexplorée de Grenoble un corps pris dans la glace depuis plusieurs siècles avec, au poignet, une montre moderne !
Après un coup au cœur (Pensées noires tome 2 – Bon dieu ! faut-il avoir lu le 1 pour comprendre quelque chose ?!?), j’ai commencé ce roman qui débutait sous les meilleurs augures.
Le livre s’articule en deux parties, de longueur plus ou moins égales mais de qualité, pour moi, assez inégales. Je dois avouer que, si la première moitié du livre reste plaisante à lire avec son entrée en matière qui fait penser à ‘La Nuit des Temps’ de Barjavel, l’intrigue qui suit m’a fait l’effet d’un très long prologue, comme si l’auteur voulait démarrer au plus vite la véritable histoire, sans toutefois y parvenir.

Mais quand a débuté la seconde moitié, j’ai été pris au jeu. Le lecteur ne peut qu’être littéralement avalé par l’histoire. Tourner la page et découvrir la suite des aventures des héros devient un réel plaisir. En ultra résumé : une jeune et belle lieutenant de police et un vieil inventeur allemand projetés par erreur en pleine époque gauloise. Il y a de quoi rire.
Et bien non…
Manifestement bien renseigné sur les us et coutumes de l’époque, Jean Vigne nous présente les peuples de la Gaule (les plus braves, on ne se lassera jamais de le dire) sous un angle sensiblement différent. Nous nous amusions à suivre les pérégrinations, pas toujours heureuses, de ces deux purs produits du monde moderne.
Autre surprise de taille : la théorie de Vigne sur la célèbre Dame de Vix.
Vous ne connaissez pas ? Alors, lisez ‘L’éternité pour moi’.
Une autre critique de Bob Boutique, cliquez ici.

Mortel poulet (26 déc 2010)

Ce n’est pas la fiche de lecture d’un seul roman que je vous propose aujourd’hui, mais celle de deux ouvrages (« Le Poulet aux olives » et « Mortelle praline ») qui n’ont pas en commun que leur auteur, Jean-Philippe Querton dont j’avais, il y a peu, chanté les louanges (voir « L’homme à la Chimay bleue » plus bas sur cette page) mais également le personnage principal, le détective très inspiré nommé Marcel Quinchon.

Quelque peu refroidi par l’une de mes dernières lectures, je me suis délecté des pages savoureuses du premier roman de l’auteur intitulé « Le Poulet aux olives ». D’emblée, le romancier nous met au parfum : il s’agit d’un polar gastronomique, association qui n’est pas sans rappeler le regretté Manuel V. Montalban. Mais la Barcelone de Montalban a été troquée contre des contrées qui nous sont plus proches (Nivelles, Rebecq…) dans lequel Quinchon (appelons-le « Marcel », il ne s’en offusquera pas), doté d’une verve comparable à son appétit, évolue comme un poisson dans le ricard.

En quelques mots : Marcel Quinchon est appelé par une vieille rombière qui soupçonne son mari d’infidélité. Une affaire somme toute très banale qui ennuie mortellement le privé. Mais quand la vieille est salement égorgée et que d’autres individus, liés de près à la famille, tombent comme des mouches, l’affaire se corse.

Dans « Mortelle praline », le dernier roman de l’auteur, Marcel Quinchon mène l’enquête dans le milieu hospitalier dans la région de La Louvière. Un peu moins de gastronomie dans ce dernier tome des enquêtes du détective amateur de bonne chair (celle qui se mange et celle qu’on honore) mais un ton et un humour qui ne peuvent laisser les amateurs de bons mots et d’atmosphères indifférents.

Deux excellents bouquins à dévorer sans modération devant un bon feu de cheminée… ou un verre de Chimay.

Dr Crimes et Mister Boniments (10 déc 2010)

Alain Magerotte - Crimes et boniments

A. Magerotte, Crimes et boniments, Ed. Chloé des Lys 2010

J’ai déjà eu l’occasion de croiser plusieurs fois Alain Magerotte et je dois dire que l’homme me plaît. Ouvert, drôle, généreux, bon vivant,… il ne semble pas possible de s’ennuyer en sa compagnie. Lorsque j’ai pris son livre lors de la Foire de Uccle, je me demandais ce qui allait transparaître du personnage dans ses écrits.
Les trois premières nouvelles m’ont quelque peu surpris, je l’avoue. J’espère qu’Alain ne le prendra pas mal. S’il lit mes livres, peut-être ressentira-t-il la même chose, qui sait ?
A partir de « L’aveu de Doris », j’ai commencé à me dire que ce recueil de nouvelles (toutes policières mais pas toutes sur le même ton) avait un je-ne-sais quoi qui me plaisait.
Mais quand vinrent « Le miroir aux alouettes », « La solitude du voleur de fonds », L’enveloppe bleue » et, en point d’orgue « Cherchez la fan », j’ai pu déterminer quels ingrédients de sa personnalité Alain avait jeté dans sa recette.

Une (grosse) pincée d’humour, une livre d’argot, quelques feuilles de suspense, deux ou trois chutes renversantes et quelques grammes de cruauté et d’ironie sont les composants essentiels pour lier le tout.

Tiens… je me demande si ses autres recueils ont la même saveur.

H.I.E.R comme hier (06 déc. 2010)

M. Hiernaux, H.I.E.R comme hier, Ed. Chloé des Lys.

Que dire quand on doit commenter, non pas le recueil de poésies d’un proche mais celui d’un homme – davantage que proche puisqu’il est mon père – alors que la plupart des textes qui y figurent vous suivent depuis l’enfance ?
C’est un peu comme si votre vie vous était chuchotée à l’oreille et que chaque page faisait remonter des souvenirs comme les bulles d’un délicieux champagne.

Michel nous livre ici des poèmes personnels terriblement poignants (A mes enfants, A papa, A ma mère, Pourquoi vous êtes partis si tôt ?,…) mais également des écrits plus légers (Intermezzo, La guerre froide, Vatican, Psychédéliquement,…) ou des textes où l’amour est brillamment chanté (J’irai te cueillir des cerises, Une femme,…).

« H.I.E.R comme hier » est, aux dires de l’auteur, un rassemblement de textes hétéroclites mais dont l’agencement fait, selon moi, partie d’un tout. On ne pourrait l’amputer sans que la structure s’en ressente puisqu’on retrouve ici la vie d’un homme, avec tout ce qu’elle comporte de joies et de peines, d’amour et d’humour, couchés sur papier avec la délicatesse d’un père qui couche son enfant.

« H.I.E.R comme hier » parle à toutes celles et à tous ceux dont le cœur a battu un jour par amour.

La mort par la Grande Bleue (29 nov. 2010)

J-Ph Querton, L'homme à la Chimay bleue, Ed Chloé des Lys

« Ma décision était irrévocable, définitive et sans appel, je voulais me noyer dans la trappiste et en mourir. » C’est par cette phrase, terrible et irrévocable comme la sentence d’une peine capitale, une accroche qui fiche un sacré froid dans le dos, que Jean-Philippe Querton, nous ouvre la porte de son roman « L’homme à la Chimay bleue ».
Boire jusqu’à ce que mort s’ensuive… jamais tentative de suicide n’aura été, pour moi, si passionnante, non que je sois un fervent partisan de cette mise à mort programmée mais Jean-Philippe Querton a réellement le don d’entrainer son lecteur – que dis-je ? de l’incorporer à son récit !

J’ai lu deux fois « L’homme à la Chimay bleue ». La première, il y a plusieurs années tout simplement parce que j’avais lu un article élogieux à son endroit. J’avais été on ne peut plus d’accord avec le critique. Quelques années plus tard, décidé à rédiger moi-même une fiche de lecture, je m’y suis réattelé avec le plaisir de celui qui revient sur les lieux de belles vacances.
Je me souvenais des grandes lignes du récit mais les détails me sont revenus avec plus de force.
On ne peut pas rester indifférent face au destin du héros. D’abord parce que Jean-Philippe Querton a rendu le personnage extrêmement attachant dans sa déchéance (on comprend, qu’en sus de la maladie, c’est la mort de sa fille qui le pousse à se noyer dans la ‘bleue’) mais, en plus, parce qu’on sait que le sort de l’individu est réglé depuis le début. Les péripéties ne serviront qu’à retarder l’inéluctable.
Je ne saurais trop conseiller la lecture de cet ouvrage qui prend aux tripes et vous laisse sur le carreau assoiffé.
Assoiffé de vie.

 

La petite boutique du bizarre (25 nov. 2010)

B. Boutiques, Contes bizarres, Ed Chloé des Lys, 2007

Si vous aimez les histoire courtes (une moyenne de 20 pages par nouvelle) et accrocheuses comme la bande annonce réussie d’un film, ce livre, sorti il y a quelques années des imprimeries Corelap, est fait pour vous.
J’ai passé un excellent moment en sa compagnie, me plongeant, toujours avec volupté, dans ses « Il était une fois », attendant, souvent avec impatience, son « Et arriva ce qui devait arriver ».
« A+ », « Via España », « Le Bunker d’Hitler », « Il neige », autant d’histoires qui m’ont emportées dans leur tourmente. J’avais l’impression d’être sur un manège fou, m’attendant à chaque tour d’être renversé.
A vrai dire, je n’ai pas pu lâcher le livre avant de les avoir toutes terminées.
« Contes bizarres » de Bob Boutique : à conseiller aux amateurs d’Alfred Hitchcock !

K. Milie, Une Belle Epoque, Ed. Chloé des Lys, 2010

 

C’était la « belle époque »

Je referme « Une Belle époque » avec un sentiment indéfinissable qui n’a aucun rapport avec la qualité littéraire du roman paru début 2010 chez Chloé des Lys.
Au-delà de l’histoire qu’elle nous livre, Kate Milie nous entraîne dans une réflexion sur les moyens de communication dont on use aujourd’hui à l’envi et la déshumanisation progressive de nos rapports sous le couvert de nos masques : nos ‘pseudos’.
« Valmont », le gémeau du ‘Salon des Mots’ se présente comme un libertin mais n’est-il pas un pervers narcissique qui s’invente une autre identité pour se jouer d’ « Icône » ?
« Jack » ne cabotine-t-il pas pour cacher au monde sa souffrance, physique et morale ?

« Chevalier Noir » est le seul personnage dont l’auteur nous fera entr’apercevoir le visage démasqué ? Cette découverte, réalisée par « Icône » sera décevante comme la réalité l’est souvent ?
Au-delà de leur désir de communiquer et de leur passion commune, aucun de ces internautes ne souhaite dévoiler sa réelle identité. Le lecteur n’apprendra rien de leur passé, de leur motivation ni de leur vie. Et sans doute est-ce mieux ainsi…J’ai vraiment pris du bon temps en lisant « La Belle époque » de Kate Milie. Son écriture extrêmement fluide, son sens du rythme et l’alternance entre les tons des chapitres m’ont profondément séduit.
J’attends avec impatience son prochain ouvrage.
 

Qui n’a pas lu Rue Baraka ?

CL Desguin - Rue Baraka, Ed. Chloé des Lys 2010

De Carine-Laure Desguin, je ne connaissais, au départ que le nom.
Ensuite, nous nous sommes contactés, pour une histoire de référencement, si j’ai bonne souvenance. Elle m’a répondu de manière à la fois très précise, à la fois très enthousiaste. Je pense que c’est exactement ces deux termes qui la caractérisent : enthousiaste et précise.
Carine-Laure est le genre de personne qui, j’en ai la conviction, aime faire plaisir et délivre ses bienfaits avec un immense plaisir. Elle est à l’image du vieux peintre et de sa compagne face aux « Tarek » que nous sommes ou que nous pourrions potentiellement être.
Comme d’autres avant moi, j’ai lu RUE BARAKA.
Est-il utile de souligner l’évidence ? Dois-je insister sur l’optimisme qui se dégage de chaque page de cet ouvrage, très court et fulgurant, publié il y a quelques mois chez notre éditeur commun ?
Lorsque je lis les critiques publiées de manière régulière par des aficionados de Carine-Laure, je me rends compte qu’ils sont déjà tout dit.

Du livre, bien entendu.
Ses qualités intrinsèques, nous sommes tous d’accord. RUE BARAKA déborde d’optimiste, d’optimisme contagieux qui, comme je l’ai déjà lu, devrait être vendu, sans prescription en pharmacie.
Nous n’oublierons pas de sitôt les trois personnages principaux du récit qui, s’il peut être lu en quelques heures, se déroule dans notre tête des jours après, encore et encore, comme le refrain d’une chanson. Le refrain de Carine-Laure, c’est la recette du bonheur, du « mieux-être », du repas de Noël dans une famille unie.
Merci Carine-Laure pour cette piqûre de rappel, au combien salvatrice, qui nous rappelle que le bonheur est à portée et qu’il suffit parfois… de le saisir.

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16 commentaires pour Lectures

  1. Ping : Référencement et encensement « New Era's Blog

  2. Et bien dis donc, elles s’étoffent hein, tes impressions de lecture ! Alain Magerotte, ça doit pas être triste, j’ai déjà lu quelques textes de lui; comme tu dis, on ne doit pas s’ennuyer avec lui ! %ais j’aime ça moi ! C’est si ennuyeux, de s’ennuyer 😀

  3. Bego dit :

    Très bonne idée, ces impressions de lecture… Cela nous permet de découvrir d’autres auteurs qui méritent d’être lus!

    • Merci Bego.
      Tous les auteurs dont je réalise la fiche de lecture valent le coup, je te l’assure. Bientôt, une nouvelle : « Les Romanichels » d’Edmée de Xhavée. Un régal !

  4. Je ne trouvais pas où mettre les commentaires! 😉

    Merci mille fois pour la note de lecture que tu as mise sur Les Romanichels, bien cernée.. Et je l’apprécie d’autant plus que comme tu le dis, ce n’est pas ton genre de lecture habituel …

    Ca m’arrive aussi de me laisser tenter par autre chose, remarque!

    Merci encore!

  5. Livvy dit :

    Merci Gauthier pour cette belle note de lecture !

  6. Ah ben dis donc, tu bosses hard ! Je viens de lire tes dernières notes de lecture. J’attends l’arrivée des 400 …et des pages de notre Christine Brunet…
    Il nous faudrait bien des journées qui s’étiiiiiiiiiiiirent …
    Ton blog est rempli de clarté, tu devrais me donner un peu de ta lumière, mais …
    Je devrais ouvrir aussi une page avec mes impressions de lecture, c’est une bonne idée. A bientôt!

  7. Philippe D dit :

    Il est malheureusement impossible de tout lire. J’attends « Nid de vipères » et « De l’autre côté de la rivière, Sybilla » avec impatience. « Les contes bizarres » sont commandés.
    J’ai connu « Les Romanichels » et Edmée bien avant de faire partie de la famille CDL.
    J’ai beaucoup aimé le vieux peintre de la « rue Baraka »; « la belle époque » m’a charmé. Et j’ai encore une commande à passer.
    Les journées sont beaucoup trop courtes.

  8. N’est-il pas Philippe? 😉

  9. Succulentes notes de lecture! On a envie de suivre ton conseil et de lire. Certains, je sais que je les lirai, c’est évident … Merci!

  10. Merci chère amie. Tes encouragements me donnent envie de poursuivre. J’attends les prochains envois avec impatience.
    Porte-toi bien.

  11. Philippe D dit :

    J’ai lu et apprécié plusieurs des livres que tu présentes. Tu me tentes pour d’autres. Il faudra donc que je repasse commande.
    Bon weekend.

  12. Une visite régulière de Lectures New Era's Blog reste inévitable sitôt que vous voulez vous changez les idées.

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