A Uccle ce samedi 28/11

Ce week-end (samedi 28/11 à partir de 14h), si l’événement est maintenu, je serai à la Foire du Livre de Uccle (centre culturel, rue Rouge). J’y signerai mon dernier roman : Les Enfants de Jafez, sorti en 2014 chez Chloé des Lys.

Tout secret a un prix

Tout secret a un prix

J’aurai également avec moi quelques exemplaires de mes derniers romans.

N’hésitez pas à venir nombreux!

 

Publicités
Publié dans Events | Laisser un commentaire

Prochaines foires du livre

Samedi 21 novembre, de 14 à 17 heures, à l’occasion de Mon’s Livre,  je dédicacerai mes deux ouvrages (Mallaurig et La Fraternité des Atomes) au stand de Cactus inébranlable.

La semaine suivante, le 28/11, de 14 à 18 heures, je signerai à Uccle mes ouvrages parus chez Chloé des Lys.

La 13ème édition de la Foire du Livre Belge se tiendra, comme chaque année, à Bruxelles, dans tous les espaces du Centre Culturel d’Uccle à 1180 Bruxelles le dernier week-end de novembre à savoir les 27, 28 et 29 novembre 2015.

Au plaisir de vous rencontrer à l’une de ces manifestations.

Publié dans Events | Laisser un commentaire

SEPT FEUILLETS

Avez-vous correctement comptabilisé le nombre de vos feuillets ?

Bo se mordit la lèvre, ferma les yeux et se força à répondre d’une voix claire et intelligible :

–         Oui.

Il n’avait pas envie que la machine lui repose la question comme à chaque fois. Intérieurement, il pria pour que la demande suivante ne vienne jamais, mais c’était une véritable loterie sur laquelle il n’avait aucune prise.

Veuillez scanner un à un les feuillets en les présentant de manière distincte devant l’œilleton.

–         PUTAIN !

L’injure avait jailli malgré toutes ses bonnes résolutions. N’était-il pas suffisamment humiliant de rester dans cette position, à répondre aux questions embarrassantes à cette machine sans ajouter à cela le risque d’être verbalisé pour insulte à agent assermenté ? Car c’était bien cela qu’étaient ces bazars déshumanisés qui vous faisaient sans cesse passer pour un sale gosse, voire à un attardé mental.

Bo porta son poing à sa bouche et le pressa fortement sur ses lèvres en attendant le verdict. Au lieu de produire son avertissement, la machine redemanda de scanner les feuillets. Cette fois, Bo les lui présenta docilement, un à un, comme il se devait.

La machine les scanna en les énumérant et le garçon pria pour que personne ne soit dans la cabine d’à-côté.

Sept

énonça la machine d’un ton presqu’humain et qui aurait pu passer pour scandalisé.

Êtes-vous certain d’avoir besoin de tant de feuillets ? Pensez à l’écologie.

–         Bon dieu ! oui !!! grogna Bo en tapant du pied.

Il regrettait le temps où tout était plus simple, où tout était plus naturel… Il avait connu cette époque – il n’était tout de même pas si jeune – mais pas assez à son goût. Les yeux rivés sur l’écran de contrôle, il attendit que le voyant passe au vert. La machine travaillait. Elle se synchronisait avec la montre de Bo et comptabilisait les calories avalées ce midi, puis les recoupait avec des tas d’informations comme la masse corposprelle du client et ses antécédents. La machine tiendrait-elle compte des autres paramètres intrinsèques à Bo ? Savait-elle que, parfois, Bo était… disons plus « lent à la digestion » certains jours que d’autres ? Connaissait-elle les petits problèmes des pauvres corps humains ou réussissait-elle à faire la part des choses et appliquer le facteur X ? était-il bête ? Le programme avait sans doute des connexions avec ceux de l’institut de santé où les individus allaient faire des bilans mensuels.

Il eut la tentation d’arracher cette maudite montre et de l’envoyer dans les chiottes. Il avait le sentiment que le gouvernement lui pourissait l’existence. Au moment où il se demandait si les produits chimiques arriveraient à bout de cette technologie de pointe, le voyant passa finalement au vert et Bo eut enfin l’autorisation de se torcher.

Sept feuillets de papier ! Voilà qui était peu mais, avec un peu de dextérité, on arrivait à garder les mains plus ou moins intactes. Il n’était de toute façon pas question de réclamer un morceau supplémentaire.

Et depuis que l’Union européenne avait supprimé le billet de banque par souci environnemental, le salut n’était pas non plus dans le le papier de cinq euros. Avait-il des amis, des parents ou des connaissances qui s’étaient retrouvés dans pareil cas ? Il l’ignorait. Ce n’était pas des sujets que l’on abordait en société.

Au cinquième feuillet, il constata avec dépit qu’il serait trop court. Il pesta – intérieurement, bien sûr – et conçut le projet insensé d’être le premier homme depuis l’invention de toutes ces conneries, à tenir tête à la machine.

Il secoua la tête pour balayer ces bêtises et se concentra, l’apex coincé entre les lèvres, à utiliser au mieux ses rations de survie.

Il finit pourtant par sortir du cabinet de manière un peu guindée et évoluer en canard jusqu’au lavabo. Il tenterait de faire partir les traces de freinage ce soir, quand il aurait décoléré.

Bo présenta ses mains devant l’oeilleton situé à côté du miroir et cueillit dans leur creux offert une giclée de savon sec. Pas de liquide, pas d’eau, pas de pollution.

Bo aimait bien le principe car il avait été éduqué ainsi, mais parfois, dans certaines situations absurdes comme celle-ci, l’idée devenait un peu lourde.

Lorsqu’il eut terminé se frotter ses paumes l’une contre l’autre, il les porta à son nez et les respira.

–         Mangue, conclut-il d’un air satisfait.

Le parfum s’évanouirait dans les minutes qui suivraient, pas comme cet infect patchouli qu’un farceur avait un jour décidé d’essayer et qui lui avait coupé l’appétit jusqu’au soir.

Bo présenta ses mains, recto-verso, à l’appareil de contrôle d’hygiène, lequel lui donna son approbation.

L’homme s’avança ensuite jusqu’à la porte qui s’ouvrit à son passage. Il devait toucher un minimum de choses jusqu’au saint des saints et la technologie était supposée lui rendre la chose faisable.

Au bout du couloir carrelé, lavé trois fois par jour par des machines, il fit face au troisième écran qui, après un rapide contrôle de son identité, lui livra passage.

Bo arriva enfin à la cuisine, s’empara du tablier qu’il avait déposé sur la paterre rutilante avant de partir aux toilettes et enfila de nouveaux gants. Il était prêt à replonger dans l’enfer.

Il vint se placer derrière Alexander qui soupira :

–         Pour une commission, ç’en était une longue !

–         Joue pas ton scato et fais gaffe à ton bandeau !

La coiffe protectrice d’Alex était en train de se déchirer en partant de la nuque. Si le chef voyait ça, il était bon pour le banc de touche !

–         Mais touche le pas, bougre de con ! aboya Bo qui voyait Alexander lâcher ses emballages pour tenter de repérer, de la pulpe de ses doigts, ce que son compagnon avait constaté.

L’alarme retentit presque aussitôt et, en cinq secondes, montre en main, le chef de service était là dans sa combi identique à celle de ses hommes, mais sur laquelle, à la place du prénom de l’employé, il y avait son nom précédé d’un « M ».

Monsieur Ferraud était certainement un brave homme, mais sa charge lui incombait d’être dur et strict. On ne lui avait pas vu pardonner le moindre écart depuis son arrivée et il avait véritablement gagné le respect le plus total de ses hommes quand il avait viré, sans une once d’hésitation, le fils du patron qui avait eu la mauvaise idée de fumer en cachette une mini-cigarette.

Cette nouvelle société ultra pro-environnementale, pourtant basée sur le capitalisme, tentait de rendre conscient les citoyens de leur « éco-rôle ».

Si les cigarettes étaient toujours vendues dans le commerce, l’état faisait absolument tout pour décourager ses esclaves, à commencer par restreindre de plus en plus leur espace. Ça avait commencé en Europe au début du vingtième-siècle par l’interdiction de fumer dans les restaurants, puis la loi l’avait étendue aux cafés et enfin aux espaces publics. Quoi que plus normal ? avaient scandé en cœur les populations. Des patrons d’établissement avaient tenté d’exploiter une faille dans le système en ouvrant des clubs privés, mais au fil des années, des associations leur étaient tombés dessus pour un motif ou un autre. Ces clubs très select avaient fermé l’un après l’autre.

On s’était ensuite attaqué à la mobilité.

L’état, soutenu par les crédits quasi inépuisables des sociétés de transports publics, avait dégoûté les automobilistes en limitant les places de parking dans les villes, en taxant scandaleusement les assurances auto et autres avantages liées aux voitures de fonction, en réduisant les accès aux capitales et, finalement, en faisant payer une taxe tellement prohibitive aux automobilistes intra muros que le métier de taximan avait fini par disparaître.

Il avait fallu pourtant attendre les grèves de quarante pour que, sous la pression populaire, états et sociétés de transports rendent enfin les trains, trams et métros gratuits.

Bo ne fumait pas.

Bo empruntait le tram et deux métros pour venir à son lieu de travail.

Il tentait d’être irréprochable car il ne voulait pas perdre son travail. Non qu’il lui plaisait, mais Bo était parti avec plusieurs handicaps dans cette Nouvelle Europe.

Il était unilingue, n’était pas diplômé et n’était pas natif de ce pays.

Pour toutes ces raisons, il avait été contraint de travailler ICI, dans ce fast-food de luxe.

Alexander était dans le même cas, si ce n’est qu’il était originaire d’un village un peu plus au Nord de la capitale. Il aurait moins de problèmes à retrouver un travail si le chef ne lui faisait pas un rapport trop négatif.

Bo n’avait pas envie de voir son ami se faire humilier. Il ne pouvait cependant l’empêcher sans se mettre à découvert et s’aliéner Monsieur Ferraud. Il s’enferma dans son travail, emballant le plus vite et le plus proprement possible les hamburgers végé dans leurs petits cartons recyclés pour qu’ils soient vite emportés par l’un des responsable du comptoir.

Ils n’avaient qu’à s’empiffrer de l’autre côté de la salle avec ces sandwiches chauds dont la machine analyserait les restes pour leur délivrer au final cinq malheureux feuillets de papier-cul. L’écologie ! Mon œil ! Cette société ne causait qu’en termes de fric ! Bo se mordit les lèvres pour ne pas jurer.

Quand il osa redresser la tête, le chef et Alexander étaient partis. À la place de celui qu’il avait à sa gauche toute la journée, il n’y avait que le vide. Bo ressentit une peur terrible et incontrôlable qu’il concrétisa au moyen de ses sphincters.

Il allait à nouveau avoir besoin de sept nouveaux feuillets.

Publié dans Texts | Tagué , , , , , , , , | Laisser un commentaire

La Fraternité des Atomes – une note de lecture de Thierry Kemp (16/05/2015)

Salut Gauthier
La Fraternité des Atomes - Aplat
Je me rends soudain compte que je ne t’ai pas écrit pour te dire comme j’ai apprécié ton bouquin.

De tous ceux que j’ai lu de toi, c’est vraiment celui qui m’a le plus emballé, tant l’histoire était  superbement ficelée, avec des personnages bien campés et des décors élégamment dessinés. Même si je n’ai plus beaucoup de temps à consacrer à la lecture (ou même, hélas, à l’écriture), j’en ai dégagé rien que pour arriver au plus vite à la conclusion de l’intrigue. Si tu as mis quelques années pour boucler ce roman, ça en valait la peine car le résultat est top.

Je suis dans l’attente de ton prochain polar, la tâche s’annonce difficile vu le niveau atteint.

Bien cordialement
Thierry

Publié dans Vous avez dit... | Tagué , | Laisser un commentaire

La Fraternité des Atomes sur « Critiques libres »

La Fraternité des AtomesC’est avec grand plaisir que je découvre à l’instant une belle (et très fouillée) critique de mon dernier roman, paru en 2014 aux éditions Cactus inébranlable : La Fraternité des Atomes.

Il vous est possible de la consulter en cliquant sur ce lien. Merci à l’auteur, surnommé « Débézed », pour ce texte!

Publié dans Vous avez dit... | Laisser un commentaire

Le Compagnie Pazù – un extrait

PazùMaître Pazù profita que chacun vaquait à ses occupations pour se livrer à sa passion ou, en tous cas, celle qu’il tentait depuis longtemps de faire sienne.

Il se hissa à l’intérieur de la carriole et, dans un coffre où ils rangeaient les frusques qui leur servaient à préfigurer les personnages du Saint Livre, piocha un rouleau de palimpsestes, de l’encre, un méchant écritoire ainsi que l’une des trois plumes d’oie dont on lui avait l’aumône.

Il avait obtenu ce lot un peu misérable des notables d’Alba – les « petits seigneurs » comme on les surnommait là-bas – en récompense des services rendus à la ville. Ce don valait néanmoins à ses yeux tout l’or du monde. Grâce à ces trésors, il pourrait mener à bien le projet qu’il caressait depuis quelques années et qu’il gardait secret, y compris pour ses compagnons de route, craignant sans cesse l’échec vers lequel il semblait inexorablement se diriger.

S’étant isolé dans la pénombre, il se saisit d’une bougie qu’il n’allumerait qu’en cas d’absolue nécessité – ce genre d’article étant difficile à obtenir sur la route – se saisit d’un des feuillets de seconde main et abandonna son regard sa seule contribution actuelle.

Il avait calligraphié de sa plus belle écriture le titre de son œuvre à venir :
La passion de Notre Seigneur Jésus Christ selon Saint-Mathieu.

Inconsciemment, il fit la moue.

Il s’était toujours retranché derrière un manque de temps pour commencer son « Mystère ». En réalité, il craignait de ne pas trouver l’inspiration. Il s’était fâché avec Dieu depuis plusieurs années et, même s’ils s’étaient réconciliés depuis la guérison miraculeuse d’Anasofia à Alba, un doute très profondément ancré l’empêchait de poursuivre son commerce avec le Tout Puissant.

Il examina longuement le tracé de ses lettres sur la peau de chèvre et, après avoir poussé un très long soupir, y ajouta son nom : Pazù.

Voilà qui constituerait sa maigre contribution du jour.

Il aurait tellement voulu que les mots jaillissent tels des petites cascades glaciales des rivières. Son esprit débordait d’enthousiasme, sa main, par contre, paraissait figée. Une telle étrangeté l’interpelait ; comment son propre corps pouvait-il être tiraillé entre deux aspirations différentes ? Il avait l’impression d’être l’allégorie vivante de la lutte fratricide d’Abel et Caën.

Dépité, il se lova dans l’ombre réconfortante, quoique suffocante, de la carriole, en tenant de se convaincre qu’il ne lui manquait que l’endroit où se poser pour écrire son chef d’œuvre.
Lire également ce post.

Publié dans Texts | Laisser un commentaire

La Compagnie Pazù

Pazù

Image | Publié le par | 2 commentaires