Chien de garde

« Mon Esdo est un Aquilien ! se lamentait Madame Boquerelle en servant Madame Nila, une vieille habituée de son commerce qui éprouvait, ce n’était un secret pour personne fût-il pourvu d’une paire d’oreilles en état de fonctionnement, la même antipathie pour les hommes de l’Est.

–                    Quelle engeance ! Ils sont aussi sots que vilains !

D’un mouvement du nez, Madame Boquerelle désigna le barbare qui charriait les caisses dans l’arrière-boutique. C’était un jeune gaillard au front bas et au cheveu rare qui travaillait pour elle depuis presque une saison.

–                    Et il ne parle pas un mot d’Idioma, Madame Nila ! Je suis obligée de gesticuler comme un primate pour lui donner ses ordres ! Imaginez-vous…

–                    N’aviez-vous d’autre choix, Madame Boquerelle ? demanda la cliente qui se fichait de la file qui commençait à maugréer dans son dos.

Elle n’avait jamais fait grand cas des autres et, à soixante-dix ans, elle était trop âgée pour pouvoir changer.
Madame Boquerelle haussa sèchement les épaules.

–                    Seuls les nobles ont le droit de choisir leur domesticité, Madame Nila. Les petites gens comme nous acceptent ce qu’on veut bien leur bailler et je n’ai point le sou pour m’acheter une domotique. Vous même n’avez point eu  droit au chapitre que je sache, Madame Nila ?

La cliente secoua la tête. Elle avait hérité d’une jeune femme docile qui se chargeait de la plupart des corvées ménagères. Elle ignorait tout de son histoire mais n’aurait pas été étonnée que son esclave-domestique ait perdu ses Droits Elémentaires après avoir été répudiée par son époux. Du reste, Monsieur Nila ne voulait pas d’une domotique à la maison, il ne faisait confiance qu’à l’humain.

–                    Non, effectivement, grogna la septuagénaire.

–                    Il n’empêche que j’ai vraiment hérité du fond du panier !

Madame Nila observa le jeune homme s’emparer de quatre caisses à la fois. A vue de nez, chacune d’entre elles devait faire dans les quinze kilos. Peu d’Impériaux auraient pu se vanter d’en faire autant, à commencer par son propre époux qui n’avait même jamais eu la force de lui faire des enfants. Cet échec avait contribué à forger le caractère acariâtre de Lucille Boquerelle.

–                    Il semble qu’il vous rende quand même quelques services… commenta la vieille femme d’un ton admiratif qu’elle n’avait pas voulu.

Son interlocutrice coula un regard en direction du barbare.

–                    Ca ! Il en a davantage dans les biceps que dans la tête !

–                    Et… il a un nom ?

Les yeux de Madame Boquerelle volèrent jusqu’à sa cliente.

–                    A quoi voulez-vous que cela me serve ? Je le hèle quand j’ai besoin de lui, voilà tout !

Un bruit épouvantable fit sursauter les deux femmes. La patronne fit volte-face vers l’origine du fracas. L’une des caisses venait de lâcher et les fruits – des agrumes, nota la cliente – qu’elle contenait s’étalaient aux pieds de l’Aquilien, figé dans un air d’hébétude presque comique. Madame Boquerelle entra dans une colère noire :

–                    Regardez-le qui reste comme un crétin ! Ramasse ce que tu as laissé tomber au lieu de baîller aux corneilles !

Mais l’Esdo restait stupidement paralysé, regardant les agrumes  former une mare à ses pieds.

–                    Rhôôôôô !!! grogna Madame Boquerelle en abandonnant ses clients pour fondre sur son homme à tout faire.

Elle se planta devant lui et désigna d’un doigt rageur les produits dont certains roulaient encore.
Le sac rempli à ras bord de denrées qu’elle avait payées, Madame Nila s’éclipsa alors que la commerçante agonisait son employé d’injures bien senties.
En se tournant, elle se heurta à une jeune femme du quartier. Son esprit chercha son nom l’espace d’un quart de seconde. Madame Nila était pourvue d’une mémoire d’éléphant.

–                    Mademoiselle Cosé…

–                    Madame Nila, répondit la jeune femme qui pria sa déesse tutélaire pour que leur contact s’arrête là. 

Adrienne Cosé avait vingt ans et était toujours célibataire. Une situation peu enviable que Madame Nila et Madame Boquerelle lui rappelaient sans cesse. Adrienne n’aimait pas faire ses courses chez Madame Boquerelle mais elle n’avait pas le choix. Le commerce était situé à deux pas de son immeuble. Aller ailleurs impliquait de se trimballer dix livres de victuailles pendant plusieurs centaines de mètres, exploit qui lui était difficile à réaliser avec son petit cinquante kilos. Elle était donc condamnée à subir les assauts de ces vieilles harpies. Ce qui était amusant, c’était que, si Madame Boquerelle encourageait le mariage de deux êtres, le sien avait été catastrophique. Le malheureux Monsieur Boquerelle  avait, du temps de son vivant, été traité avec la même sévérité que l’Esdo qui aidait actuellement la commerçante. En attendant son tour, Adrienne Cosé se demanda si les Dieux lui avaient permis de se réincarner loin de sa mégère…

***

Guido Jaret surnommé « l’anguille » dans son milieu était un ladre qui n’avait jamais connu l’échec. Il cambriolait des maisons depuis son enfance et pouvait se targuer d’être le meilleur voleur de sa bande. Milo Barrabas, le maître-ladre, le complimentait souvent à ce sujet et pensait sérieusement à le prendre comme bras droit. Cette promotion lui attirerait bien des ennemis mais Guido Jaret s’en moquait : quand il serait aux côtés du patron, il n’aurait plus rien à craindre de son clan. La raison pour laquelle « l’anguille » était tellement efficace pouvait se résumer en quelques mots : il était souple comme le poisson qui lui avait valu son surnom. Il pouvait se faufiler à peu près par n’importe quelle ouverture et s’arrangeait pour choisir les lattes du parquet qui ne risquaient pas de craquer. Son mètre soixante et son faible poids l’aidaient en outre beaucoup dans son entreprise.

Ainsi, quand il s’introduisit dans le commerce de Madame Boquerelle en passant par le soupirail (une ouverture qu’empruntait le gros chat de la négociante), il songeait aux bénéfices qu’il pourrait retirer de cette nomination méritée.
Tout d’abord, il ferait pression sur Barrabas pour qu’il se sépare de Nils Boivin qui passait le plus clair de son temps chez les filles et négligeait ses devoirs de ladre. Cet individu était la honte de la profession et le clan de Barrabas aurait tout à gagner de s’en défaire.
Ensuite, il tenterait d’obtenir la couche de Radama Asni car elle était de loin la plus aérée et était située à l’opposé de celle de Piert Lonch, le ronfleur champion toutes catégories.
Il proposerait enfin quelques améliorations drastiques dans les méthodes du clan auxquelles il avait longuement songé.
Certains gagneraient à faire un peu de sport et affiner leur silhouette s’ils voulaient rapporter davantage.
Pour son infortune, Guido Jaret ne fut jamais nommé à ce poste car cette nuit fut la dernière qu’il vécut libre avant d’être incorporé à la Sixième Cohorte.
Pourtant, il avait mis en pratique ses techniques les plus affinées, avait graissé les serrures avant d’en tourner la poignée, éprouvé la solidité de chaque latte du parquet, et maté le silence en réduisant sa respiration à la limite de l’audible.
Tout s’était bien passé jusqu’à ce qu’il atteigne le salon de la veuve. Il s’était prestement emparé d’objets de valeur et  préparé à vider les lieux.
A vue de nez, il tenait là la prise de la semaine.
Un peu grisé par son avenir, il commit une erreur qui lui coûta cher.
Alors qu’il s’apprêtait à repasser la porte, il repéra dans la pénombre, une masse immobile. Elle était posée contre un mur et entièrement recouverte d’un drap.
La curiosité était une vertu cardinale chez les gens de son espèce, « l’anguille » s’approcha de la forme et souleva le drap, croyant découvrit un coffre-fort qu’un premier examen avait négligé.
La surprise de ce qu’il découvrit lui arracha un cri qu’il eut juste le temps d’étouffer dans son poing. Pour son malheur, le son réveilla tout de même l’individu.
Ses yeux s’ouvrirent, tout blancs, presque phosphorescents dans l’obscurité.
Guido recula d’un pas en tentant de saisir un objet contondant mais, avant qu’il ait pu s’en emparer, une main puissante jaillissait du corps et lui brisait le poignet. Quand il entendit le craquement sec de ses os, Guido grimaça mais retint sa douleur.
C’est quand il vit ses dents étinceler dans la nuit que la raison du ladre bascula vers une autre dimension.
Dans celle-ci, le bruit n’était qu’une notion dotée d’un sens qui lui échappait. C’est ce basculement inopiné (un retour vers la nature des choses en somme) qui lui fit faire la seule chose qu’il était censé faire. Il avait oublié tout son cursus de ladre, il n’avait plus qu’une seule chose en tête : hurler.
Il hurla jusqu’à réveiller les voisins.
Il hurla jusqu’à alerter une patrouille deux pâtés de maison plus loin.
Il hurla jusqu’à ce qu’il n’ait plus d’air dans les poumons.
Il hurla même jusqu’à réveiller Lucille Boquerelle qui se targuait pourtant d’avoir un sommeil à toute épreuve.

***

–                     Un vol dites-vous ?

Madame Boquerelle  hocha la tête d’un air navré. Son chignon serré au-dessus de son crâne lui étirait le visage et la faisant ressembler à un oignon.

–                    On n’est plus en sécurité nulle part ! On barricade sa boutique, on installe de solides verrous, on veille à bloquer son TeleCom et pourquoi ? Un ladre s’introduit chez vous et vous nettoie en un rien de temps ! Je dis bravo les patrouilles !

Madame Nila, la cliente, acquiesça, tremblante. Dès son retour à la maison, elle ferait pression sur son époux pour installer une version sûre du système de domotique et renverrait son Esdo. Peut-être que l’achat d’un chien de garde s’avèrerait également nécessaire.

–                    Heureusement que Gerguld était là, sans quoi…

–                    Gerguld ??? Est-ce de votre barbare que vous parlez ?

Madame Boquerelle eut un hoquet, sa bouche pincée se ferma davantage. Elle s’éclaircit longuement la gorge avant de répondre.

–                    C’est exact. J’ai… hum… j’ai enfin réussi à lui arracher un son. Par le Dieu Aur, divinité du Hasard, je suis ravie qu’il ait été là… je veux dire, pour une fois !

Madame Nila lui décocha un regard où pétillait la malveillance. Un art dans lequel elle pouvait gagner un prix et pas le lot de consolation.

–                    Quel dommage que vous ne puissiez le garder !

L’autre fronça les sourcils. Elle avait dû se perdre en chemin.

–                    Que voulez-vous dire, Madame Nila ?

La cliente fit passer son panier de courses d’une main à l’autre. Normalement, c’étaient les Esdos qui se chargeaient de transporter les provisions mais la vieille femme préférait s’acquitter de cette tâche elle-même. Cela lui donnait l’occasion de quitter quelques heures la demeure familiale.

–                    N’avez-vous point écouté les informations du Saint-Canal ce matin ?

–                    Je dois avouer que j’étais fort occupée… ce vol m’a chamboulée…

–                    C’est pourtant le devoir de chaque citoyen !

La patronne de l’épicerie recula. Elle se sentait poussée dans ses retranchements. Elle jeta un coup d’œil dans sa boutique mais, à cette heure, il n’y avait que la vieille Nila pour faire ses courses !

–                    Je sais, je sais, Madame Nila mais, voyez-vous, je dois m’occuper seule de l’inventaire. Ger… je veux dire que je ne puis compter sur ce crétin pour m’aider !

Madame Nila lui adressa un sourire qu’elle n’aima pas.

–                    Que… que disait-on ?

La cliente passa une main distraite sur sa coiffure et relogea une mèche de cheveux derrière son oreille.

–                    Vous souvenez-vous de cet incident survenu la semaine dernière ? Un pauvre citoyen pris en otage et torturé par un barbare ?

–                    Vaguement, oui, mentit la commerçante.

–                    Le Saint-Siège a interdit l’emploi de ces dégénérés, même en tant qu’Esdos. Le pouvoir les trouve trop imprévisibles.

–                    Ah… bon…

Un silence pesant s’installa entre les deux femmes. Madame Boquerelle fit le tour du comptoir et rangea vaguement quelques barquettes de champignons, tournant résolument le dos à son interlocutrice. 

–                    Je vous apprends que vous allez devoir vous défaire de votre valeureux barbare, Madame Boquerelle.

La commerçante émit un petit bruit étranglé et soupira.

–                    Juste au moment où il m’est utile ! Allons bon ! Que la vie est injuste !

Madame Nila resta un instant à observer la veuve puis tourna des talons. Elle n’en était pas sûre mais il lui avait semblé que la commerçante regrettait quelque peu de devoir se défaire de son Esdo.

–                    Quelle idiote ! fit Madame Nila qui en parlait le soir à son époux. Elle héritera d’un autre Esdo, voilà tout !

Un Impérial, c’est quand même plus propre.
Son mari, plongé dans les nouvelles du Saint-Canal, approuva en silence.
La matrone ne put s’empêcher de remarquer qu’il lorgnait un peu trop souvent à son goût sur sa propre esclave-domestique.

***

Le lieutenant Bavas était né dans cette rue et connaissait le commerce de Madame Boquerelle depuis sa plus tendre enfance. Quand il n’était encore qu’un gosse, il accompagnait sa mère faire les courses et il se souvenait de la bienveillance de cette femme à son égard. Il ne partait jamais de cette boutique sans une sucrerie gracieusement offerte par la commerçante et ce souvenir lui revenait en mémoire chaque fois qu’il en passait la porte. Pourquoi ? Il ne le savait pas au juste, il avait tant de souvenirs heureux mais son esprit ne s’entêtait qu’à retenir celui-ci.
Il savait sa peine quand son époux, Gerald, était décédé et les épreuves par lesquelles elle avait dû passer. Il la plaignait sincèrement même s’il savait que Madame Boquerelle le rudoyait quotidiennement du temps de son vivant.
Il éprouvait pour elle un profond respect, ainsi, quand elle lui affirma que son Esdo aquilien avait quitté son établissement, il ne chercha pas à la questionner plus que nécessaire. Il se contenta de l’histoire qu’elle lui avait servie, toute chaude, en bouche.

–                    Il m’a volé quelques bijoux, ce ladre ! Tu te rends compte Rudi ! Moi qui ai été si bonne envers lui !!!

Le gradé toussota d’un air gêné. Il n’appréciait pas vraiment être appelé par son prénom devant ses hommes mais il ne se voyait pas rappeler cette dame à l’ordre alors qu’elle l’avait connu les doigts dans le nez et la crotte dans le lange.

–                    Et vous n’avez guère la moindre idée de sa destination, Madame Boquerelle ?

La commerçante haussa les épaules et écarta ses mains potelées dépourvues de tout ornement qui l’aurait encombrée.

–                    Si je le savais, je te l’aurais indiqué ! Ah, le malandrin ! Il m’a dépouillée d’au moins mille crédit-impériaux !

–                    Je comprends… hum…

Le lieutenant Bavas fit la moue. Il était temps pour lui de s’éclipser.

–                    Et je ne vous parle point de ces caisses ! gémit-elle en désignant celles qui s’amassaient devant sa porte. Qui va m’aider à présent ?

Elle soupira avant d’ajouter :

–                    Mais peut-être que de solides gaillards comme vous pourraient secourir une vieille veuve…

Elle les regarda tous les trois. Les dragons cherchèrent à fixer leur attention qui sur son TeleCom, qui sur les produits qui les entouraient. Leur chef tenta une parade désespérée :

–                    Bien, Madame Boquerelle, nous allons alerter l’Office du Travail. Les Frères vous trouveront bien une aide quelconque, ce ne sont point les bras qui manquent !

Il tenta d’esquiver les yeux tristes de la commerçante et n’eut même pas besoin d’ordonner à ses hommes de vider les lieux ; ils étaient dehors avant qu’il ne termine sa phrase.
Madame Boquerelle prit une paire de secondes pour souffler avant de trottiner jusqu’à la porte de son magasin qu’elle verrouilla. Il était l’heure de faire ses comptes.
Elle fit le tour de son établissement puis ouvrit le rideau qui donnait sur son arrière-boutique. Après avoir fermé les lumières de son commerce, elle commença à gravir l’escalier.
La journée avait été épuisante, elle était éreintée et avait mérité une bonne nuit de sommeil.
Mais avant de gagner son lit, elle avait encore une chose à faire.
Elle grimpa jusqu’au grenier, retira une clé de sa poche et l’introduisit dans la serrure. Aussitôt qu’elle eut passé sa tête par la trappe, des yeux s’allumèrent dans la pénombre comme deux lampes blanches et, une dizaine de centimètres en dessous, un sourire reconnaissant se dessina. Madame Boquerelle  désigna du pouce l’escalier qui menait au rez-de-chaussée.

–                    Allez, Gerguld, le travail t’attend. J’ai une vingtaine de caisses à placer dans l’office, il est temps que tu t’y mettes.

Elle disparut comme le grand corps du barbare se dépliait. Il était presque arrivé à la trappe quand la veuve réapparut.

–                    Et tu penseras à passer par le frigo ; je t’ai préparé un plat de nouilles qui devrait être mangé ce soir.

Quand le géant posa le pied sur l’escalier qui gémit sous son poids, il remarqua que sa patronne l’observait en bas des marches.

–                    Tu songeras également à remporter le matelas dans l’office aux aurores. Je n’ai aucune envie de perdre mes Droits Elémentaires pour avoir aidé une engeance comme toi.

Elle ferma la porte de sa chambre et s’adossa à la cloison. Madame Boquerelle  attendit que le pas lourd de son barbare s’évanouisse avant de commencer à se déshabiller.
Oui, elle devait bien le reconnaître ; Gerguld était un imbécile fini mais elle aurait beaucoup de mal à s’en défaire. Elle s’ouvrirait les veines plutôt que de l’avouer mais cette compagnie lui était définitivement agréable. Qui plus est, il y avait quelque chose dans ses yeux qui lui rappelait ce malheureux Gerald. La réincarnation était une chose tout à fait naturelle au sein de l’Empire de la Nouvelle Ere, le Codex en parlait longuement. Parfois, il arrivait même que deux êtres se retrouvent dans une autre vie.
Madame Boquerelle haussa les épaules. Gerald était un brave type mais elle ne l’avait jamais vraiment beaucoup aimé. Elle eut un moment d’hésitation avant de retirer sa tunique. Les yeux grands ouverts, la main posée sur son vêtement, elle réfléchissait si fort que ses lèvres bougeaient toutes seules.
Gerald.
Gerguld.
La coïncidence était amusante.
De plus, ils avaient l’air d’apprécier tous deux les rudoiements quotidiens.

–                    Tu es une sotte, Lucille, murmura-t-elle en se débarrassant de ses vêtements pour enfiler une robe de nuit d’une longueur très honorable.

Le masochisme n’était guère l’apanage de feu son époux.
Quoique…
Demain, elle essaierait de tirer l’affaire au clair.
Elle tenterait d’attirer l’Esdo dans sa couche en le menaçant de le livrer à la justice s’il ne succombait pas à ses maigres charmes. Même s’ils ne parlaient pas la même langue, le langage corporel était universel…
Fin prête, Madame Boquerelle se pelotonna dans les draps, le sourire aux lèvres.
Oui, si Gerguld refusait, il n’y avait plus aucun doute à avoir.

Nouvelle extraite de « Nouvelles de l’Est », Ed. Chloé des Lys, 2012.

Cet ouvrage est disponible dès maintenant sous réservation. 

Envoyez un message à l’auteur (gauthier.hiernaux@hotmail.be) en spécifiant votre adresse et le nombre d’exemplaires souhaités.

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